CRITIQUES MUSICALES


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# Posté le dimanche 19 avril 2009 15:30

DE RETOUR SUR SKYBLOG

Hello tout le monde


Je suis de retour sur skyblog, qui parlera exclusivement de mes coups de coeurs musicaux !

attention le skyblog remache
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# Posté le jeudi 16 avril 2009 16:14

2EME PARTIE

La 2eme partie de notre grande biographie de Paul Mc Cartney, accompagné de la meilleure chanson des beatles, YESTERDAY.

Beatlemania en Grande-Bretagne

Love Me Do, le premier single des Beatles, principalement écrit par Paul, connaît un succès raisonnable : il atteint la 17ème place des charts britanniques, et l'on remarque assez naturellement une forte concentration des ventes dans la région de Liverpool... Leur deuxième single, Please Please Me, cette fois l'oeuvre de John, se classe à la première place début 1963. Le 11 février, ils enregistrent dix titres qui formeront la base de leur premier album, également nommé Please Please Me. Ce disque indique déjà l'éclectisme de Paul dans ses styles musicaux, du rock pur et dur de I Saw Her Standing There à la reprise d'un standard de la comédie musicale tel que A Taste Of Honey.



En ce début d'année, les Beatles partent en tournée, souvent en première partie d'artistes confirmés de l'époque, tels qu'Helen Shapiro, Chris Montez, Tommy Roe et Roy Orbison. Mais le succès des Beatles augmente à une telle vitesse que peu à peu, les organisateurs des tournées sont obligés d'inverser l'ordre d'apparition de leurs artistes pour placer les Beatles en haut de l'affiche... L'aide de la police devient nécessaire pour contrôler les débordements des fans, en particulier féminins. Les Fab Four ("les quatre fabuleux") enchaînent les succès, toujours écrits par le duo Lennon/McCartney : From Me To You, She Loves You, I Want To Hold Your Hand... Leur deuxième album, With The Beatles, atteint également la 1ère place des charts (comme la quasi-totalité de leurs singles et albums jusqu'à leur séparation). L'album contient le titre All My Loving, qui montre les progrès rapides de Paul dans la composition de titres de plus en plus complexes, et I Wanna Be Your Man que les Beatles ont également donné aux Rolling Stones, et qui sera leur premier titre à rentrer dans le Top 20. Après le passage des Beatles dans l'émission TV très populaire Sunday Night At The London Palladium, visionnée par 15 millions de personnes, le Daily Mirror titre : "Beatlemania !" Un terme qui sera repris plus d'une fois par la suite ! Les Beatles ont alors atteint les sommets de popularité qu'il est possible d'atteindre en Grande-Bretagne.


En avril 1963, à l'occasion d'une émission de télévision, Paul rencontre Jane Asher, une jeune actrice âgée de dix-sept ans seulement, mais ayant commencé sa carrière depuis déjà une dizaine d'années. Rapidement, elle devient sa "petite amie officielle", et Paul McCartney va s'installer chez la famille Asher à Londres. Très ouverts sur toutes les formes d'art, très cultivés et légèrement excentiques, les Asher vont permettre à Paul d'élargir ses horizons artistiques. Le frère de Jane, Peter, demande à Paul de lui écrire une chanson pour le duo qu'il a formé avec Gordon Waller : ce sera A World Without Love, premier disque de Peter et Gordon, qui atteindra en toute modestie la première place des hit-parades aussi bien en Grande-Bretagne qu'aux Etats-Unis en 1964. Paul écrira trois autres titres pour Peter et Gordon et tous se classeront dans les charts.

Durant l'année 1963, George Martin, le producteur des Beatles, avait demandé à Capitol, la filiale américaine d'EMI, de lancer les Beatles aux Etats-Unis, mais ceux-ci avaient toujours refusé et les disques des Beatles n'étaient donc importés là-bas que confidentiellement. Mais au début de 1964, I Want To Hold Your Hand commence à être diffusée par les DJs américains et rencontre un grand succès. Capitol se laisse enfin convaincre d'appuyer le disque par une campagne de publicité, qui coïncidera avec la venue des Beatles aux Etats-Unis en février 1964.



Beatlemania aux Etats-Unis


Les Beatles passent la majeure partie de janvier 1964 à Paris, où ils jouent à l'Olympia sur la même affiche que Trini Lopez et Sylvie Vartan. Le succès rencontré n'est pas aussi important et immédiat que dans les autres pays, mais peu importe : ils apprennent que I Want To Hold Your Hand vient d'atteindre la première place des charts américains. Le 7 février 1964, ils arrivent au Kennedy Airport de New York, rempli de fans hystériques : dans un premier temps, les Beatles ont du mal à croire que ces gens sont là pour eux ! Les émeutes se succèdent sur leur passage. Le 9 février, ils font leur premier passage dans l'émission de variétés The Ed Sullivan Show, qui est vue par 73 millions de personnes. Toute l'Amérique est sous le charme, à l'exception de quelques prédicateurs grincheux qui accusent les Beatles de tous les maux, comme par exemple d'être des "agents communistes" ("Nous, communistes ? Nous sommes les capitalistes n°1", plaisantera Paul).

Après deux concerts, les Beatles rentrent en Grande-Bretagne où ils entament le tournage de leur premier film, A Hard Day's Night. Bien qu'ayant à la base été conçu par des producteurs avisés soucieux d'exploiter la popularité des Beatles, le film est non seulement une réussite commerciale mais aussi artistique : il est réalisé par Richard Lester (qui obtient une palme d'or à Cannes l'année suivante pour son film The Knack) dans un style s'inspirant des techniques de la nouvelle vague française (caméra à l'épaule, par exemple). Le film est un "docu-fiction" relatant de manière humoristique la vie des Beatles en tournée. Il est accompagné d'un album du même nom, dans lequel John Lennon a composé la majorité des titres (même si tous les titres, quelque soit leur auteur principal, sont signés Lennon/McCartney). Mais Paul s'illustre avec And I Love Her : "C'est la première ballade avec laquelle je me suis impressionné moi-même. Le "And" dans le titre est important. Le titre vient dans le second couplet et ne se répète pas. C'est presque comme un aparté. "Oh... and I love you". Les deux autres compositions majeures de Paul sur cet album sont Things We Said Today et l'énorme tube Can't Buy Me Love.


Les Beatles repartent ensuite tout l'été en tournée, en passant d'abord par l'Australie où l'accueil est peut-être encore plus enthousiaste qu'aux Etats-Unis, où ils reviennent ensuite pour une longue série de concerts. Durant la tournée, ils rencontrent Bob Dylan, qu'ils apprécient beaucoup et qui les fait goûter pour la première fois à la marijuana, dont ils feront ensuite une consommation importante. Si la Beatlemania est alors à son maximum, elle commence déjà à devenir lassante pour les Beatles. Elle atteint des proportions inimaginables : souvent, des parents amènent leurs enfants handicapés aux Beatles, espérant une guérison miracle par leur simple contact. Après cette tournée, les Fab Four sont épuisés, mais il faut encore enregistrer un nouvel album pour Noël 1964 : ce sera Beatles For Sale.



"Je me suis réveillé avec un bel air dans ma tête..."

Début 1965, les Beatles commencent à tourner leur second film, Help!, qui, bien qu'également dirigé par Richard Lester, est loin de valoir A Hard Day's Night. Le scénario est quasi-inexistant et ne met pas en valeur les personnalités des Beatles, qui se désintéressent du film et arrivent souvent sur le tournage plus ou moins défoncés, éclatant de rire à chaque scène tournée et ne facilitant pas le travail du réalisateur... Mais l'album qui accompagne le film vaut beaucoup mieux : il contient les tubes Help! et Ticket To Ride (écrits par John avec l'aide de Paul), et surtout le plus grand succès des Beatles, Yesterday. La genèse de la chanson est pour le moins originale. Un matin de mai 1965, Paul se réveille avec un air dans la tête. Il sort du lit, passe au piano et trouve les accords correspondants. "J'aimais beaucoup la mélodie, mais comme je l'avais rêvée, je ne pouvais pas croire que je l'avais écrite moi-même." Paul décida donc de jouer cette chanson à de nombreuses personnes qui pourraient éventuellement lui dire s'il ne s'agissait pas d'un air connu. Mais rapidement, il s'avéra que cette mélodie était bien sa composition. Paul plaqua des mots sur la mélodie, juste pour pouvoir la chanter : "Scrambled eggs / Oh, my baby I love your legs" ("Oeufs brouillés / Oh, ma chérie, j'aime tes jambes...") Pendant le tournage de Help!, cherchant à affiner la mélodie et à trouver les paroles définitives, il rejoue inlassablement cet air sur un piano, jusqu'à rendre fou le réalisateur Richard Lester. Puis durant un trajet lors de vacances au Portugal, il compose les paroles définitives, et Scrambled Eggs devient Yesterday.

La composition terminée, Paul joue Yesterday aux autres Beatles et à George Martin, qui tombent d'accord sur le fait que cette chanson doit rester dépouillée et acoustique, et qu'ils ne peuvent pas jouer dessus. Mais Martin propose alors d'ajouter un quartet de cordes à la voix et à la guitare de Paul. Celui-ci refuse dans un premier temps : les Beatles sont un groupe de rock, on ne veut pas de violons ! George Martin lui propose d'essayer, quitte à le supprimer si cela ne lui plaît pas. L'arrangement est mis au point par George Martin et Paul, qui est finalement enchanté par le résultat.

Yesterday deviendra la chanson la plus reprise de tous les temps. Elle est passée 6 millions de fois sur les radios américaines.



Lassitude sur scène, révolutions en studio

Durant l'été 1965, les Beatles enchaînent une tournée en Europe (dont la France, qui les accueillera cette fois comme ils le méritent) et une tournée aux Etats-Unis, dont le point culminant est le concert au Shea Stadium de New York, le 15 août, devant environ 56000 spectateurs, un record pour l'époque. Le 26 octobre, les Beatles sont décorés par la reine de l'ordre du MBE (Member of The British Empire), équivalent de la Légion d'honneur. Les fans sont en extase, mais plusieurs détenteurs du MBE, souvent des vétérans de guerre, renvoient leur médaille, se considérant comme insultés. Puis les Beatles commencent l'enregistrement de leur nouvel album, Rubber Soul. Il permet de se rendre compte des progrès constants et tangibles des Beatles, aussi bien en tant qu'auteurs-compositeurs qu'en tant qu'interprètes. Il montre aussi leur maîtrise des techniques d'enregistrement et leur goût de la nouveauté et de l'expérimentation, comme le sitar indien de George Harrison dans Norwegian Wood (This Bird Has Flown). Les compositions les plus marquantes de Paul sur cet album sont Drive My Car et Michelle.

Lors de sa jeunesse à Liverpool, dans certaines soirées, pour essayer de trouver une fille, Paul avait l'habitude de s'asseoir dans un coin, habillé avec un pull noir à col roulé, et de jouer "cet air français", la mélodie de ce qui allait devenir Michelle. "Je faisais semblant de parler français, parce que tout le monde voulait être Sacha Distel, ou bien vous vouliez être Juliette Gréco, même si c'était une fille, parce qu'elle avait cet esprit : ce truc existentialiste français. J'essayais d'avoir l'air énigmatique, pour que les filles pensent 'mais qui est ce type français très intéressant dans ce coin là-bas ?'" A l'époque de Rubber Soul, les Beatles étant un peu à court de compositions, John proposa à Paul de réutiliser cet air. McCartney alla voir une prof de français et lui demanda ce qui pouvait rimer avec le prénom Michelle : "Ma belle", lui répondit-on. "These are words that go together well", dit-il. "Comment dit-on ça en français ?" "Ce sont des mots qui vont très bien ensemble". Ainsi naquirent les deux premiers vers de la chanson. Michelle fut également un gigantesque succès et suscita un nombre de reprises que seul Yesterday pourrait surpasser.


En avril 1966, l'enregistrement de l'album suivant, Revolver, débute avec un titre totalement révolutionnaire : Tomorrow Never Knows, composition de John Lennon, sur un seul accord, aux paroles psychédéliques, inspirées par le LSD que les Beatles viennent de découvrir. Une composition aussi atypique mérite des arrangements exceptionnels, mais à l'époque, il n'existe aucune machine permettant les effets spéciaux que l'on peut obtenir aujourd'hui en appuyant simplement sur un bouton : tout est à inventer. La voix de Lennon est ainsi passée à travers un haut-parleur de type Leslie, qui lui donne une voix "flottante", comme venue d'ailleurs. Le morceau comporte également des sons jamais entendus jusqu'ici, résultats des expérimentations de Paul McCartney : guitares superposées à l'infini, accélérées, ralenties, distordues, passées à l'envers... Le résultat est stupéfiant et d'une puissance incroyable. (Récemment, les Chemical Brothers se sont largement inspirés de ce morceau pour leurs titres Setting Sun et Let Forever Be).

Tous les titres de l'album poussent l'expérimentation toujours plus loin, tout en restant toujours aussi accrocheurs dès la première écoute. Pour Eleanor Rigby, une ode pleine de compassion envers les gens les plus solitaires, Paul demande à George Martin d'être accompagné uniquement par huit violons : le résultat est parfait et saisissant. L'album contient aussi, dans un style tout à fait différent, le morceau de Ringo, Yellow Submarine, également composé par Paul.

Toutes ces expérimentations en studio sont bien sûr impossibles à reproduire sur scène avec trois guitares et une batterie. Et les Beatles partent donc de nouveau en tournée lors de l'été 1966, sans inclure une seule chanson de leur dernier album dans leurs courts concerts de trente minutes. La tournée aux Etats-Unis, en août 1966, devient insupportable, en partie à cause des réactions à la déclaration de John affirmant que "les Beatles étaient plus grands que Jésus". Tout ce que Lennon veut dire est que l'Eglise perd de l'influence et que de nombreux phénomènes modernes, la télévision, le cinéma ou les Beatles, ont plus d'influence auprès des jeunes que la religion. Mais ses propos sont déformés et simplifiés, et les Beatles doivent subir des menaces d'attentat du Klu Klux Klan et les attaques des chrétiens intégristes du sud du pays, qui brûlent les disques et les posters des Beatles. Dans ces conditions, même Paul, qui était partisan de continuer les tournées, finit par céder aux trois autres : le 29 août 1966, au Candlestick Park, les Beatles donnent leur dernier concert (ou presque...)

Pendant quelques mois, le groupe éclate (bien qu'une séparation ne soit absolument pas à l'ordre du jour) et chacun part se changer les idées de son côté. Paul voyage déguisé et incognito en France. On le refuse même à l'entrée d'une discothèque à Bordeaux, et il doit retirer son efficace déguisement pour pouvoir enfin pénétrer à l'intérieur... Son périple se poursuit en Espagne, puis se termine au Kenya pour un safari. Il trouve également le temps de composer la musique d'un film, The Family Way, orchestrée par George Martin. Fin 1966, les séances d'enregistrements reprennent, et leur premier résultat est le plus grand single de tous les temps : Strawberry Fields Forever / Penny Lane. Les deux chansons évoquent d'une manière poétique la jeunesse des Beatles à Liverpool. Strawberry Fields est le nom d'un orphelinat de Liverpool vers lequel John allait jouer ; quant à Penny Lane, composée par Paul, c'est le nom d'une rue de Liverpool, prétexte pour évoquer les multiples figures hautes en couleur qu'on pouvait rencontrer dans la ville, à Penny Lane ou ailleurs. Ironiquement, ce magnifique single fut le premier depuis Love Me Do à ne pas être numéro 1 en Grande-Bretagne, puisqu'il fut numéro... 2. Les sessions d'enregistrement et la réflexion sur le prochain album se poursuivent : McCartney a eu pour idée de "remplacer" les Beatles sur la couverture par des alter-egos déguisés. L'image des "quatre gentils garçons à la coupe au bol" l'insupporte, et il décide de rompre avec cette image en présentant les Beatles comme le "Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band" (la Fanfare des Coeurs Solitaires du Sgt. Pepper). Les Beatles se présentent donc au monde habillés de costumes militaires détournés aux couleurs vives, entourés de tous leurs héros. Ce concept imaginé par Paul est mis en forme par l'artiste pop Peter Blake accompagné d'un marchand d'art, Robert Fraser, et photographié par Michael Cooper. Le résultat est peut-être la couverture d'album la plus célèbre du monde.


La musique n'est pas en reste, et la sortie de Sgt. Pepper en juin 1967 sera justement accompagnée d'une avalanche de louanges. L'album s'ouvre sur le morceau titre Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band où Paul présente le groupe qui va jouer, et l'avant-dernier titre du disque est une reprise du titre. En réalité, comme les Beatles l'admirent eux-mêmes, le concept s'arrête là : ils ont annoncé que c'était un concept et c'en est devenu un. Les chansons n'ont pas de liens réels entre elles, mais le concept tient au fait qu'elles s'enchaînent sans interruption, sans "blancs" et que l'album soit annoncé comme un concept : cela suffit pour qu'il en devienne un aux yeux de tous ! Le morceau majeur de l'album, sans doute une des plus grandes créations de la musique dite populaire du XXème siècle, est A Day In The Life : composition aux paroles énigmatiques de John, entrecoupée d'un "intermède" tiré de la jeunesse de Paul à Liverpool, et se terminant sur un gigantesque crescendo orchestral où chaque instrument part doucement de la note la plus basse pour atteindre dans un tumulte effrayant et poignant la plus haute note ; une seconde de silence, puis retentit une note finale de piano dont l'écho résonne à l'infini. Il s'agit ici encore d'une idée de Paul, mise au point avec George Martin, qui illustre l'intérêt de Paul pour l'avant-garde musicale illustrée par Berio, Stockhausen ou John Cage.



Premières fêlures

En août 1967, les Beatles partent pour Bangor, dans le Pays de Galles, pour suivre une conférence du Maharishi Mahesh Yogi, un gourou indien remarqué par George et sa femme Patti. C'est ici qu'ils apprennent le décès de leur manager Brian Epstein, d'une overdose de médicaments : avec la fin des tournées, le rôle d'organisateur de Brian s'était amoindri et celui-ci passait ses journées à se droguer, lorsqu'il n'était pas en cure de désintoxication.

Les Beatles se lancent ensuite dans leur nouveau projet, Magical Mystery Tour, encore une fois basé sur une idée de Paul : il s'agit d'un film relatant les aventures de joyeux touristes partis dans un autobus jaune, pour une destination qu'ils ne connaissent pas. Le film (officiellement réalisé par les Beatles mais plutôt l'oeuvre de McCartney) est accompagné de six nouvelles chansons dont The Fool On The Hill de Paul, dont la séquence correspondante du film a été tournée dans les Alpes du sud, près de Nice. La chanson a été écrite par Paul en référence aux gens qui peuvent à première vue apparaître comme fous ou stupides, mais qui sont peut-être les vrais détenteurs de la sagesse. Si la musique du film rencontre le succès habituel, la première diffusion du film à Noël 1967 sur la BBC provoque un véritable tollé des médias : Magical Mystery Tour est un objet psychédélique non identifié où la narration n'est pas considérée comme essentielle et où les effets visuels et colorés abondent : or le film (tourné en couleurs) est diffusé en noir et blanc, à une heure où le public s'attend aux traditionnelles et lourdes émissions humoristiques des fêtes de fin d'année. Paul McCartney défend alors le film qui rencontrera ensuite le succès aux Etats-Unis et qui, au fil des ans, deviendra un classique.


En février 1968, les Beatles partent avec leurs femmes pour Rishikesh, en Inde, où ils ont décidé de suivre le Maharishi afin de pratiquer la méditation transcendantale. L'ashram du Maharishi ressemble à un camp de vacances, où les Beatles passent leur temps à méditer, mais aussi à écrire des chansons, en compagnie d'autres musiciens comme Donovan ou Mike Love des Beach Boys. Ringo, qui apprécie peu la nourriture et les insectes, regagne rapidement l'Angleterre. Paul s'en va fin mars, satisfait de son séjour mais ne voulant pas le prolonger plus. John et George le suivront un peu plus tard, lorsqu'une rumeur affirmant que le Maharishi a tenté de séduire une jeune pratiquante parvient à leurs oreilles. En juillet 1968, Paul et Jane Asher rompent. A la même époque, McCartney commence à fréquenter assidûment Linda Eastman (sans relation avec la famille Eastman-Kodak), une jeune photographe américaine née en 1941, avec laquelle il a fait connaissance lors du cocktail de présentation de Sgt. Pepper. Ils se découvrent des intérêts communs, dont une passion commune pour la nature. Linda lui fait redécouvrir certaines joies simples et lui permet de s'éloigner de la pression qu'implique le fait d'être membre du plus célèbre groupe du monde.

Le 30 août 1968 sort un single qui sera un des plus grands succès des Beatles : Hey Jude, écrit par Paul après une visite auprès de Julian Lennon, le fils de John, alors agé de 5 ans. John Lennon, qui a rencontré l'artiste d'avant-garde Yoko Ono en 1966, est alors en instance de divorce, et Paul tente de réconforter Julian comme il le peut. Après son départ, McCartney fredonne "Hey Jules, don't make it bad..." ("Hey Jules, ne le prends pas si mal..."), base de la chanson : il changera Jules en Jude, simplement parce que cela sonne mieux à son oreille.



Le début de la fin

Les Beatles enregistrent alors ce qui deviendra un double album simplement intitulé The Beatles, mais connu sous le nom de White Album (l'album blanc) du fait de sa pochette immaculée, idée de l'artiste pop Richard Hamilton qui travaille en étroite collaboration avec Paul. Les sessions d'enregistrement de ce double album sont marquées par une tension extrême. Le fait que John Lennon y amène sa future femme Yoko Ono à longueur de temps n'améliore pas les choses, d'autant plus que celle-ci ne se prive pas de faire des suggestions et des critiques que les trois autres Beatles n'ont pas demandées ! Ringo Starr, exténué, finit même par quitter le groupe quelques jours après une remarque de Paul sur son jeu de batterie. Les Beatles enregistreront tout de même deux titres en son absence, avec Paul à la batterie. Lorsque Ringo revient, sa batterie est couverte de fleurs.

Plutôt qu'un véritable travail de groupe, The Beatles est la juxtaposition de morceaux individuels parfois enregistrés quasiment ou complètement en solo par tel ou tel membre du groupe, comme Paul avec Blackbird, Wild Honey Pie ou Why Don't We Do It In The Road. Un des morceaux les plus connus de ce double album est Ob-la-di, Ob-la-da, composition reggae de Paul dont le titre signifie "la vie continue" en Yoruba, un dialecte nigérien. Cette chanson entraînante et primesautière fut pourtant une grande source de tensions, les Beatles n'étant jamais satisfait par son enregistrement, recommençant encore et encore... McCartney montre une fois de plus son talent dans tous les styles musicaux avec Helter Skelter, titre hard-rock (repris par U2 et Oasis) qu'il compose par défi après avoir lu une interview des Who annonçant qu'ils venaient d'enregistrer le morceau le plus rock et le plus dévastateur jamais réalisé...


Lorsque l'album blanc sort en novembre 1968, c'est une fois de plus un succès critique. Mais cela n'apaise pas les tensions, toujours plus nombreuses et également exacerbées par les problèmes d'Apple, l'entreprise lancée par les Beatles fin 1967. Bien qu'elle soit à la base un moyen pour les Fab Four de payer moins d'impôts, ses ambitions sont grandes : permettre à tous les nouveaux talents de pouvoir se faire remarquer sans avoir à se compromettre, que ce soit dans le domaine de la musique, de la littérature ou de la mode. Les Beatles se chargent de financer les candidats les plus prometteurs. Le résultat de cette idée généreuse, est une horde de parasites dépensant des millions aux frais des Beatles, personne ne se chargeant de contrôler vraiment les dépenses. Quand Paul en fait la remarque aux autres, on lui rétorque qu'Apple n'est pas fait pour gagner de l'argent mais pour révéler de nouveaux artistes ; d'ailleurs, Mary Hopkin et Badfinger, signés par Apple et produits par McCartney, rencontrent un grand succès.



Sauvetage manqué

Conscient des problèmes des Beatles, Paul propose aux autres de répéter de nouveaux titres puis de les jouer sur scène, afin de retrouver leur unité : les répétitions et le concert pourront être filmées. Ces répétitions durent tout le mois de janvier 1969, mais les tensions ne s'apaisent pas, bien au contraire : George s'oppose radicalement à l'idée de jouer sur scène et quitte le groupe quelques jours à son tour. La seule apparition publique des Beatles sera finalement un concert sur le toit de l'immeuble d'Apple le 30 janvier, un des rares bons moments de ce mois de querelles. Parmi les titres enregistrés, deux classiques de Paul, le rock Get Back et la ballade d'inspiration quasi-religieuse Let It Be ("Ainsi soit-il"). Un titre moins connu, Two Of Us, évoque la joie de Paul à se perdre volontairement dans la campagne avec Linda. Les Beatles, peu satisfaits de ce qu'ils ont enregistré, décident d'oublier provisoirement ce qui aurait dû s'appeler l'album Get Back. Ils demandent à George Martin, pratiquement absent de Get Back, de produire un nouvel album "comme avant". Celui-ci accepte et les sessions qui commencent en février 1969 se déroulent dans un calme relatif. Le résultat sera l'album Abbey Road (du nom du studio d'enregistrement des Beatles), dominé par Paul et par George qui montre qu'il est devenu un compositeur de la trempe des Lennon et McCartney avec des titres comme Something et Here Comes The Sun. A partir de compositions plus ou moins achevées, McCartney a fait de la majeure partie de la face B de l'album une sorte d'opéra-pop (sans caractère pompeux) qui s'achève par The End, avec cette phrase : "And in the end, the love you make/Is equal to the love you take" ("A la fin, l'amour que tu crées/Est égal à celui que tu reçois).


La pochette de l'album vient d'une idée originale de Paul : n'ayant pas envie de partir à l'autre bout du monde pour prendre une photo de couverture (le titre provisoire de l'album étant Everest), les Beatles décident de se faire prendre en photo en train de traverser le passage pour piétons devant le studio. Ainsi naît une autre célébrissime couverture maintes fois copiée et parodiée. Beaucoup de fans dérangés s'appuieront sur cette pochette et sur d'autres soi-disant "signes" pour affirmer que Paul est mort et qu'il a été remplacé par un sosie du nom de Billy Shears, l'un des personnages fictifs de l'album Sgt. Pepper...

Le 12 mars 1969, Paul McCartney épouse Linda Eastman à Londres ; aucun autre membre des Beatles n'est présent à la cérémonie. Le 29 août 1969, Mary, le premier enfant de Paul et Linda, vient au monde. Paul avait également officiellement adopté Heather, la fille de Linda née d'un premier mariage.

Quand l'album Abbey Road sort en septembre 1969, les Beatles ont cessé d'exister, bien que le public n'en sache rien. Les problèmes financiers sont de plus en plus graves, et les Beatles appellent un célèbre manager, Allen Klein, pour redresser la situation économique catastrophique d'Apple. Mais si Klein permet aux Beatles de retrouver une relative santé financière, il empoche également de gros pourcentages, et ses pratiques sont brutales et parfois illégales. Paul ne cesse de demander aux autres Beatles de ne pas suivre Klein, proposant les services de son beau-père avocat, Lee Eastman. Mais le 20 septembre, au moment où les Beatles signent un nouveau contrat de 7 ans avec leur label américain, Capitol, et après que Paul ait renouvelé sa proposition de refaire quelques concerts, John annonce qu'il quitte le groupe.

La décision de John reste secrète, et l'illusion continue quelques mois. Le producteur Phil Spector, célèbre pour son utilisation de la superposition multiple d'instruments (le "mur du son") sur des classiques des années 60 comme Da Doo Ron Ron ou Be My Baby, est appelé par John et George pour travailler sur les bandes de Get Back afin d'en faire un album décent. Mais alors que tous les titres de l'album étaient censés être enregistrés dans les conditions du direct, Spector va accumuler les petits bricolages et les rajouts orchestraux : c'est ainsi que la ballade de Paul, The Long And Winding Road, se retrouve noyée sous un orchestre larmoyant. Entendant cette version, Paul demande à Allen Klein de la modifier, sans succès : il n'a plus le contrôle de sa création musicale. Le 10 avril 1970, Paul, qui a fait tout son possible pour maintenir le groupe en vie, annonce officiellement qu'il quitte les Beatles. Le dernier album des Beatles, rebaptisé Let It Be, et présenté mensongèrement comme un disque quasiment enregistré en live, sortira finalement le 8 mai 1970, en compagnie du film du même nom.

# Posté le lundi 11 juin 2007 15:20

3ème Partie

La 3eme partie de la biographie de Paul Mc cartney accompagné du celebre Live and let die

Continuer malgré tout

La décision de Lennon de quitter le groupe ainsi que les problèmes d'Apple ont touché profondément McCartney : "C'était une mauvaise période pour moi, pratiquement une dépression nerveuse. Je me souviens être resté éveillé la nuit, tremblant, ce qui ne m'est jamais arrivé de nouveau depuis. " Une fois prise la décision de quitter à son tour les Beatles, les problèmes n'étaient pas résolus pour autant : "J'avais tous les symptômes du chômeur. D'abord, tu ne te rases pas, et ce n'est pas pour avoir une barbe cool, c'est parce que tu n'en as rien à foutre. L'angoisse s'installe. Je ne me levais plus. Ou bien je me levais et je ne savais pas quoi faire, et je me recouchais. Et si je me levais, je prenais un verre. Directement en sortant du lit. Je n'avais jamais été comme ça. Beaucoup de gens ont connu pire mais pour moi, c'était mauvais signe parce que j'avais toujours été le genre de type capable de se secouer". La seule thérapie pour Paul est de continuer à enregistrer et à faire de la musique.
Le 17 avril 1970, le public découvre donc son premier album solo, intitulé fort à propos McCartney. Paul, un groupe à lui seul, y joue de tous les instruments. Le disque, très réussi, se partage entre morceaux instrumentaux parfois quasi-expérimentaux et titres plus classiques et mélodieux tels que la ballade Maybe I'm Amazed qui sera le tube de l'album.
A la même époque, Paul demande à ses anciens partenaires la dissolution juridique des Beatles, jugeant qu'Allen Klein, leur manager, les arnaque et touche à leur liberté artistique, mais aussi parce que les bénéfices de toute oeuvre solo d'un membre des Beatles sont partagés entre les quatre. Les autres refusent et la seule solution pour McCartney est de traduire en justice John, George, Ringo et Allen Klein. La dissolution financière des Beatles et l'éviction de Klein prendront des années. Des années plus tard, George Harrison remerciera Paul d'avoir engagé ces poursuites, reconnaissant qu'il s'agissait du seul moyen de mettre fin à tous ces problèmes qui perdureront pour certains jusqu'à la fin des années 80.
Fin 1970, Paul et Linda s'envolent vers New York pour commencer l'enregistrement d'un nouvel album. Il recrute les guitaristes David Spinozza et Hugh McCracken, ainsi que le batteur Denny Seiwell. Les musiciens doivent suivre à la lettre les instructions de Paul, et le résultat est un album brillant, Ram, accrocheur dès la première écoute, et qui pourtant dissimule des richesses quasi-inépuisables. De manière inexplicable (ou peut-être parce que les critiques rendent Paul responsable de la séparation des Beatles), l'album est descendu en flammes par la presse rock (qui depuis l'a réhabilité), mais pas par le public qui le plébiscite. Les sessions d'enregistrement de l'album donnent aussi naissance au non moins brillant single Another Day, évocation mélancolique de la vie d'une célibataire solitaire. Ce disque est à l'origine d'un conflit avec l'éditeur de Paul McCartney, ATV Music, car Paul a cosigné ce titre (comme plusieurs titres de Ram) avec Linda, à qui ATV ne reconnaît pas la capacité de composer. L'affaire se règle finalement à l'amiable lorsque Paul accepte de tourner un show télévisé dont les bénéfices iront à ATV.
John Lennon, alors en froid avec Paul, se sent visé par une des chansons de Ram, Too Many People. Il réplique alors avec l'énergie qu'on lui connaît par How Do You Sleep ? (Comment dors-tu ?), un titre qui figure sur l'album Imagine. Accompagné par George Harrison à la guitare, il y déverse sa rancoeur envers Paul en l'accusant entre autres gentillesses d'être un compositeur de muzak ("musique de supermarché"), et de n'avoir jamais rien écrit de bon à l'exception de Yesterday... Paul préfère "laisser passer", même si, dans l'album suivant, Wings Wild Life, il lui demande sur un ton beaucoup plus calme et amical dans le titre Dear Friend, ("Cher ami"), "est-ce que tout ça est si important pour toi ?"

Un nouveau départ


Wild Life est le premier album du nouveau groupe de Paul, Wings ("Les ailes"). Le nom du groupe lui vient lors de la naissance de sa seconde fille, Stella, le 13 septembre 1971. Le seul moyen de succéder aux Beatles, pour McCartney, est de repartir de zéro, avec un groupe sans prétention. La première formation de Wings comprend Denny Seiwell à la batterie, et celui qui deviendra le seul membre stable autour de Paul et Linda durant toute la décennie : Denny Laine, ancien guitariste des Moody Blues, qui avait eu la mauvaise idée de quitter ce groupe juste avant que ceux-ci ne connaissent un grand succès. L'album est enregistré rapidement et de manière très spontanée, ce qui fait à la fois son charme et sa faiblesse, et il ne rencontre pas un aussi grand succès que ses prédécesseurs.
Les Wings partent ensuite début 1972 en tournée improvisée : tout le groupe, qui accueille également à présent le guitariste Henry McCullough, s'entasse dans un bus et vont d'une université à une autre, proposant leurs services à des promoteurs médusés qui ont du mal à croire que Paul McCartney va jouer devant un public aussi réduit ! Linda, d'abord terrifiée à l'idée de jouer sur scène, s'habitue peu à peu à ses claviers qu'elle ne pratique que depuis un an. La tournée permet aux Wings de promouvoir leur nouveau single, Give Ireland Back To The Irish ("Rendez l'Irlande aux Irlandais"), après la répression par l'armée britannique de manifestations en Irlande du Nord. Le single est interdit de diffusion par la BBC. A partir de juillet 1972, la tournée se poursuit en Europe. Le répertoire comprend des titres des premiers albums de Paul, des reprises rock'n'roll mais aucun titre des Beatles. Le caractère spontané de cette tournée se reflète dans l'interprétation parfois un peu hasardeuse de certains titres et dans les problèmes récurrents de réglage d'amplis ou de guitares... Le 10 août 1972, après leur concert à Göteborg en Suède, Paul, Linda et Denny Seiwell écopent d'une amende de 1000 livres pour consommation de haschisch.
Durant cette tournée européenne, les Wings interprètent leur nouveau single, Hi Hi Hi, dans lequel la BBC va voir des allusions à la drogue (le refrain étant "We're gonna get hi, hi, hi", "Nous allons planer, planer, planer") et qui sera donc victime à son tour d'une interdiction de diffusion. A son retour de tournée, Paul apprend que la police écossaise a mené une perquisition dans leur ferme de Campbeltown pour y trouver de la marijuana. Il sera reconnu coupable, devra payer une amende de 100 livres, et plus embêtant, se trouve interdit de séjour aux Etats-Unis et au Japon. Il déclare à la presse qu'il considère que la marijuana est moins dangereuse que l'alcool et que la loi britannique à ce sujet devrait être modifiée (Paul avait déjà signé une pétition dans ce sens avec les autres Beatles dès 1967).
Dans le répertoire des Wings figure déjà le slow My Love, écrit par Paul pour Linda, et qui sera le plus grand succès de leur album suivant : Red Rose Speedway, qui sort en avril 1973. L'enregistrement n'a cette fois rien de spontané, les Wings ont pris leur temps pour parvenir à un résultat aussi "propre" et accrocheur que possible, une pop à la fois sobre, légère (un peu trop ?), mélodique et parfois quasi-symphonique montrant le savoir-faire de McCartney. L'album sort sous le nom "Paul McCartney & Wings" : c'est un succès commercial, même si les critiques continuent à bouder Paul. A la même époque, les Wings sortent également le single Live And Let Die ("Vivre et laisser mourir"), chanson générique du James Bond du même nom et une fois de plus un grand succès. La chanson est produite par George Martin et sera utilisée en France à la télévision comme générique de l'émission politique "L'Heure de vérité".

Band On The Run ("Le groupe en fuite")

Paul envisage d'enregistrer le prochain album des Wings dans un lieu "exotique" : sa maison de disques EMI possède des studios partout dans le monde, et le choix de Paul se porte finalement sur Lagos, capitale du Nigeria en Afrique. Mais une semaine avant le départ du groupe, Henry McCullough quitte le groupe après une dispute concernant un solo de guitare, puis c'est ensuite Denny Seiwell qui est effrayé par l'expédition au Nigeria et qui décide de quitter les Wings la veille du départ, début août 1973.
Les Wings sont donc réduits à un trio, Paul, Linda et Denny Laine. Toutes les guitares seront donc enregistrées par Denny et Paul, qui pour sa part se chargera également de la batterie. Mais une fois à Lagos, tout semble se liguer contre les Wings. Le studio est mal équipé et obsolète ; Lagos n'est pas ce qu'on appelle une ville sûre et les McCartney se font attaquer et cambrioler à bord de leur voiture : un des assaillants pointe son couteau sur la gorge de Paul tandis que Linda les supplie de ne pas tuer son mari. Ils apprendront plus tard qu'ils ont probablement eu la vie sauve uniquement parce que les Blancs sont souvent incapables de reconnaître des visages noirs et donc d'identifier les voleurs. Les Wings ont également du mal à supporter le climat tropical, et un jour, McCartney s'évanouit dans le studio.
Fin septembre 1973, l'enregistrement est quasiment terminé et les Wings quittent Lagos pour regagner l'Angleterre. Etonnamment, cet album enregistré dans des conditions si difficiles est considéré habituellement comme le meilleur de Paul McCartney : toutes les chansons sans exception sont remarquablement interprétées et arrangées, avec cette profondeur et cette acidité qui font parfois défaut à Paul. La chanson-titre de l'album Band On The Run ("Le groupe en fuite"),la chanson-titre de l'album, s'inspire des problèmes judiciaires rencontrés par les Wings à cause de leur consommation de cannabis. C'est une de ces symphonies pop dont Paul a le secret, en trois parties quasi-distinctes. L'album se termine par le terrifiant 1985, aux paroles obscures mais d'une puissance peu commune. Band On The Run, pour la première fois dans la carrière de Paul, fait l'unanimité : c'est un énorme succès commercial mais aussi critique.
A la même époque, Paul contribue aussi aux albums de ses proches : il offre à Ringo Starr la chanson Six O'Clock sur laquelle il joue également du synthétiseur, et participe également à l'enregistrement de You're Sixteen, un des tubes de l'album Ringo sur lequel figurent séparément les quatre Beatles. Début 1974, Paul McCartney produit l'album McGear de son frère Michael, qui a mené une carrière musicale et poétique depuis les années 1960 sous le nom de Mike McGear, pour ne pas profiter du nom de son frère. Paul a composé ou co-composé la plupart des titres, et les Wings accompagnent Mike sur ce disque plutôt réussi malgré son absence de succès commercial.
Après quelques sessions d'enregistrement à Paris, une nouvelle version de Wings est mise en place, avec Jimmy McCulloch à la guitare et Geoff Britton à la batterie. Le groupe s'envole alors pour Nashville, Paul ayant finalement pu obtenir un visa pour les Etats-Unis. Les Wings enregistrent leur nouveau single, Junior's Farm, avec en face B le splendide Sally G, au style country adapté à la ville dans lequel ce morceau est enregistré... Ils enregistrent aussi, avec l'aide de Chet Atkins, Walking In The Park With Eloise, un morceau composé par le père de Paul, Jim McCartney. A Los Angeles, Paul rencontre John avec qui les relations se sont améliorées ; ils jouent même ensemble, Paul occupant la batterie, lors d'une jam session en compagnie de Stevie Wonder et Harry Nilsson.

Les Wings à la conquête du monde

Geoff Britton ayant un style de vie sain et sportif peu adapté à la consommation de drogues du reste du groupe, il quitte Wings pour être remplacé par Joe English, un batteur... américain. Le nouvel album, Venus And Mars, qui sort en mai 1975 sous le nom Wings, est enregistré en majorité à New Orleans. Denny Laine et Jimmy McCulloch ont droit à une chanson chacun. On peut comparer Venus And Mars à Red Rose Speedway : un album agréable et très bien produit, mais sans la force de Band On The Run, même si le succès reste très important, aussi bien pour l'album que pour le single extrait, Listen To What The Main Said. En septembre 1975, les Wings commencent une tournée mondiale en Grande-Bretagne. Au même moment, MPL, la société de production de Paul McCartney, acquiert les droits d'édition des chansons de Buddy Holly, une de ses idoles de jeunesse ; d'autre part, Paul décide d'organiser chaque année une "semaine Buddy Holly" (Buddy Holly Week) pour promouvoir l'oeuvre de cet artiste majeur du rock'n'roll mort en 1959.
Après des concerts en Grande-Bretagne, en Australie et au Japon, la tournée s'interrompt, le temps pour les Wings d'enregistrer un nouvel album, Wings At The Speed Of Sound. Ce nouveau disque sera le plus "démocratique" de Wings, puisque Paul n'y chante que 6 morceaux sur 11, deux titres étant chantés par Denny Laine, un par Jimmy McCulloch, un par Linda et un par Joe English. Si ceci peut décevoir les fans de Paul, les titres interprétés par les autres membres du groupe sont tout à fait à la hauteur. L'album est une fois de plus un énorme succès, et les deux singles extraits ne le sont pas moins : Let'Em In ("Laisse-les rentrer"), hommage de Paul aux amis, membres de sa famille ou personnalités qu'il admire, et Silly Love Songs dans lequel McCartney revendique ironiquement le droit de chanter des "chansons d'amour idiotes".
La tournée reprend en Europe, mais durant une série de concerts en Scandinavie le 18 mars 1976, Paul apprend le décès de son père James à l'âge de 73 ans. La tournée continue malgré tout, et le 3 mai, McCartney en compagnie des Wings, donne son premier concert aux Etats-Unis depuis 10 ans, à Fort Worth au Texas. Le spectacle mis sur pied, à base d'éclairages perfectionnés, fumigènes et lasers est étonnant pour l'époque et cette tournée américaine dans de grandes salles ou des stades consacre Wings comme un des groupes majeurs des années 70. Le répertoire comprend de nombreux morceaux des deux derniers albums Venus And Mars et Wings At The Speed Of Sound, mais pour la première fois, Paul reprend quelques rares titres des Beatles sur scène : Yesterday, I've Just Seen A Face et The Long And Winding Road, preuve que son conflit avec son passé d'ex-Beatles est réglé. Ringo apparaît même avec Paul sur scène lors d'un concert (Paul lui a d'ailleurs offert une composition, Pure Gold, pour son album Rotogravure). C'est également durant cette tournée que Paul voit John pour la dernière fois. A cette époque, les rumeurs de réunion des Beatles vont bon train et les sommes qui leur sont proposées sont astronomiques. Un soir de mai 1976, à New York, John et Paul regardent ensemble l'émission satirique Saturday Night Live, et le producteur de l'émission, Lorne Michaels, propose par dérision le "ridicule" minimum syndical de 3200 dollars pour que les quatre Beatles viennent jouer. John dit à Paul : "C'est en banlieue, tout près, on y va ?", mais après hésité, trop fatigués, ils décident de laisser tomber...
En décembre 1976 sort un triple album live, Wings Over America, qui reprend l'intégralité du répertoire des Wings lors de leur dernière tournée. En 1977, les Wings partent enregistrer aux Iles Vierges, afin de s'assurer un séjour agréable mais aussi pour profiter de réductions d'impôts sur les frais d'enregistrement. C'est après ce séjour que les Wings se retrouvent dans la situation de l'époque de Band On The Run : deux défections ont de nouveau lieu. La première est celle de Jimmy McCullough, jugé peu sérieux et trop porté sur les drogues dures : il mourra d'ailleurs d'une overdose en 1979. Joe English, quant à lui, s'entend mal avec le reste du groupe et préfère rejoindre sa famille aux Etats-Unis. Paul, Linda et Denny doivent donc une fois de plus finir l'album en trio. D'autre part, Linda donne naissance au premier (et unique) fils de Paul, James, le 12 septembre. Le premier titre sorti des dernières sessions d'enregistrement est Mull Of Kintyre, ballade aux sonorités écossaises avec cornemuses incluses, dédiée à ce lieu perdu d'Ecosse où les McCartney possèdent une ferme. Le single sort en novembre 1977 et connaît un incroyable succès en Grande-Bretagne, où il reste n°1 pendant 9 semaines et bat le record de ventes (2,5 millions d'exemplaires) pour un single, précédemment détenu par She Loves You des Beatles.
Le nouvel album des Wings, London Town, sort en mars 1978 et ne contient pas le single à succès Mull Of Kintyre, Paul considérant qu'il n'était pas adapté au reste de l'album, agréable mais dans son ensemble plutôt léger et anecdotique. Cela n'empêche pas le titre With A Little Luck, aux synthétiseurs proéminents, d'être un grand tube. Une des réussites de l'album est la superbe et réconfortante ballade Don't Let It Bring You Down.

Les Wings, dernière formule

Avant de passer une fois de plus à l'enregistrement d'un nouvel album, les Wings ont de nouveau besoin d'un guitariste et d'un batteur. Paul, sans doute soucieux de trouver une "nouvelle jeunesse" à l'heure du punk en Angleterre, choisit deux jeunes musiciens, Laurence Juber à la guitare et Steve Holly à la batterie. Les Wings choisissent une fois de plus un lieu d'enregistrement original, le Lympne Castle dans le Kent en Grande-Bretagne. Paul McCartney revient à Abbey Road le 3 octobre pour enregistrer deux titres, Rockestra Theme et So Glad To See You Here, avec un rassemblement hétéroclite de "pointures" du rock anglais, comme Pete Townshend des Who, David Gilmour de Pink Floyd, John Paul Jones et John Bonham de Led Zeppelin, etc. L'ensemble joue sous le nom de "Rockestra".
Le nouvel album n'est pas terminé pour Noël et les fans doivent donc se contenter d'une compilation, Wings Greatest, qui ne contient aucun inédit. Le 15 mars 1979 sort un single très disco, Goodnight Tonight; plutôt réussi dans son style, ce sera une fois de plus un succès dont on peut regretter que la face B passe inaperçue : Daytime Nightime Suffering, magnifique composition féministe, relatant la vie d'une femme dévouée à un homme qui ne la traite pas comme elle le mérite. Cette réussite totale sera "réhabilitée" plus tard par Paul qui la citera plusieurs fois comme une de ses compositions favorites.
C'est finalement en mai 1979 que sort ce qui sera le dernier album des Wings, Back To The Egg ("Retour vers l'oeuf"). L'album, qui contient les deux titres enregistrés par le Rockestra, se veut dans son ensemble plus rock et électrique que les précédents, sans doute pour ne pas s'aliéner le public le plus jeune appréciant le mouvement punk, ce qui n'empêche pas la présence de ballades réussies telles que Baby's Request. Mais la variété des styles abordés montre surtout un certain manque de cohérence.
Après la sortie de Back To The Egg, Paul décide d'enregistrer chez lui de nouveaux morceaux en solitaire (si l'on excepte l'aide occasionnelle de Linda). Puis Paul rejoint les Wings pour préparer une nouvelle tournée. Le 24 octobre, il reçoit de la part du Guiness Book of Records un "disque de rhodium" (métal très précieux) pour ses ventes de disques ; il est également reconnu comme le compositeur ayant obtenu le plus grand succès de tous les temps : entre 1962 et 1978, il a écrit 43 titres s'étant vendus à plus de 1 millions d'exemplaires.
En novembre, Paul sort un single médiocre destiné aux fêtes de Noël, Wonderful Christmastime. Puis la tournée des Wings commence : c'est une fois de plus un succès, qui culmine avec l'apparition du groupe, le 29 décembre 1979, lors des Concerts for Kampuchea ("Concerts pour le Cambodge") organisés par l'ONU en faveur des Cambodgiens souffrant de la famine et de la guerre. Le Rockestra accompagne les Wings pour interpréter Lucille, Let It Be et Rockestra Theme. Tout semble aller pour le mieux pour les Wings ; pourtant, dans quelques mois, le groupe n'existera plus.
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# Posté le samedi 16 juin 2007 16:42

4 eme partie

4 eme partie
Suite de notre biographie sur Paul Mc Cartney, Les Beatles et Wings

La fin des Wings

Début janvier 1980, Paul est à New York chez la famille de Linda. Il appelle John Lennon, et selon l'assistant de ce dernier, Fred Seaman, c'est Yoko Ono qui prend l'appel. Paul voudrait passer voir John et affirme avoir "une marijuana du tonnerre" à fumer. Il explique ensuite qu'il part en tournée au Japon, et qu'il a réservé une suite à l'hôtel Okura de Tokyo, où John et Yoko séjournent également lorsqu'ils sont au Japon. "Si ces deux-là dorment là-bas, ils vont foutre en l'air le bon karma de notre chambre !", s'écrie John en apprenant la nouvelle. Yoko prend en charge de manière mystérieuse le "problème japonais".
Le lendemain, 16 janvier, Paul passe à la douane à l'aéroport de Tokyo. Les douaniers, qui auraient été mis au courant de la présence de marijuana dans les bagages des McCartney, leur demandent s'ils transportent quoi que ce soit d'illégal. Mais ceux-ci nient tout et au bout de quelques minutes de fouille, les douaniers trouvent l'herbe dans les bagages. Paul prend toute la responsabilité, puis il est menotté et conduit en prison.
"Cela a été neuf jours de tumulte pour moi. J'ai eu très, très peur les trois premiers jours. Je n'ai guère dormi. [...] Je ne sais pas ce qui m'a pris de prendre ce stupide gros sac d'herbe dans ma valise. [...] Je me disais que j'étais vraiment un idiot. Je ne pouvais pas me changer, je ne pouvais voir personne, je ne pouvais même pas prendre un livre. [...] J'avais la trouille parce que la peine encourue pour ce que j'avais fait était de 7 ans de travaux forcés."
Au bout de neuf jours, Paul est finalement libéré et expulsé du Japon. Ce sera la seule fois en trente ans de vie commune qu'il aura été séparé aussi longtemps de Linda. L'annulation de la tournée des Wings lui coûte 420000 dollars. Il reste chez lui et termine le projet solo qu'il a débuté l'été précédent. En juillet 1980, Paul part pour deux semaines en France avec Linda et Laurence Juber, afin de produire trois titres sur le nouvel album de Ringo Starr, Stop And Smell The Roses : deux compositions écrites pour Ringo, Attention et Private Property, ainsi qu'une reprise de Carl Perkins, Sure To Fall. Même si les Wings répètent encore quelques temps durant l'été 1980, l'arrestation de Paul a marqué le coup d'arrêt du groupe, dont la fin officielle sera annoncée en 1981.
Le nouvel album solo de Paul est intitulé McCartney II : comme son prédécesseur, il a été enregistré en solitaire et suit de près la séparation d'un groupe, cette fois les Wings, après les Beatles. Si le concept est similaire, un nouvel instrument, le synthétiseur, a fait son apparition. Les morceaux que McCartney enregistre sont pour la plupart quasi-expérimentaux, le plus souvent sur des tempos sautillants et inhabituels, avec des synthétiseurs aux sons étranges, ne cherchant pas à reproduire le son d'un instrument existant. Il s'agit certainement de l'album le plus déroutant mais aussi le plus avant-gardiste de Paul McCartney, ce qui ne l'empêche pas d'être un succès commercial, auquel s'ajoute celui du single Coming Up. John Lennon, toujours en compétition à distance avec Paul, après avoir entendu ce morceau, se convaincra de se remettre au travail après cinq ans d'absence de la scène musicale. Malheureusement, ce come-back sera bref.

"The jerk of all jerks" ("Le plus grand des imbéciles")

Le 9 décembre 1980 au matin, Paul reçoit un coup de fil. Il apprend que la veille à 22h50, heure de New York, un fan mentalement dérangé du nom de Mark Chapman a tiré plusieurs fois sur John Lennon, qui revenait d'une session d'enregistrement. John est mort quelques minutes plus tard lors de son transfert à l'hôpital.
Pour passer la journée sans s'écrouler, Paul ne voit pas d'autre solution qu'aller travailler aux studios AIR de George Martin à Londres. "Quand John est mort ce jour-là, j'étais tellement horrifié [...] Quelqu'un a collé un micro à la fenêtre de ma voiture alors que je quittais les studios le soir ; je commençais juste à me confronter à cette idée et à me battre avec, elle était en train de s'enfoncer, et quelqu'un a demandé "que pensez-vous de la mort de John Lennon ?" Et je n'ai rien trouvé d'autre à dire que "It's a drag" ("C'est la galère"), c'est sorti très lentement. Et évidemment, une fois que ça a été imprimé, ça semblait tellement insensible.
Quand je suis rentré j'ai pleuré par seaux entiers, dans l'intimité de mon foyer. Je m'étais contrôlé toute la journée, mais le soir, quand c'était à la une aux actualités et que tout le monde se mettait à gloser et à faire son "analyse en profondeur" de merde, je n'ai pas arrêté de pleurer. Je me rappelle avoir hurlé que Mark Chapman était "the jerk of all jerks" ("le plus grand des imbéciles"). Je me suis senti comme volé et tellement touché émotionnellement. Pendant des mois, personne n'a pu me parler d'armes. La moindre mention de mots comme "arme", "pistolet", "tirer" me renvoyait l'écho du coup de revolver. On ne pouvait même pas me dire "Cette photo est bien tirée", je le sentais passer en moi."


L'époque des duos

Le 27 avril 1981, les trois Beatles (dont la sécurité a été renforcée) se retrouvent à Londres au mariage de Ringo avec l'actrice Barbara Bach. Puis Paul reprend l'enregistrement de son nouvel album avec George Martin, cette fois aux studios AIR de Montserrat, aux Caraïbes. Denny Laine participe à ces sessions d'enregistrement mais les abandonne avant la fin, McCartney et Laine étant en conflit sur des problèmes de droits d'auteur. Denny Laine vend ses souvenirs d'ancien Wings au journal "The Sun", affirmant entre autres avoir co-écrit des chansons finalement signées par Paul uniquement, en échange d'un gros chèque (Laine tente ensuite une carrière solo sans succès). Pour l'enregistrement de son nouvel album, Paul est également accompagné par Ringo et le batteur Steve Gadd (qui à la même époque accompagne Simon et Garfunkel lors de leur concert à Central Park). Il enregistre un duo avec Carl Perkins, Get It, ainsi que deux duos avec Stevie Wonder : What's That You're Doing ? et surtout Ebony And Ivory, chanson antiraciste d'une naïveté généreuse ("Ebony and ivory/Live together in pefect harmony/On my piano keyboard/Oh, Lord, why don't we ?") ("L'ébène et l'ivoire/Vivent ensemble en parfaite harmonie/Sur le clavier de mon piano/Oh, seigneur, pourquoi pas nous ?") Aussi bien Ebony And Ivory que l'album dont le morceau est issu, Tug Of War, sortant en avril 1982, seront un succès total, se classant tous les deux n°1 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mais le plus beau morceau de l'album est sans doute Here Today, ballade sobre et pudique en hommage à John Lennon : "J'ai écrit 'Here Today' parce que souvent, la meilleure façon de surmonter quelque chose est de l'écrire, de l'exprimer, surtout quand c'est votre métier. Mais à chaque mot, je l'imaginais au ciel, en train de se foutre de ma gueule. C'est pourquoi la chanson est orientée de telle sorte qu'elle lui dit : avant de commencer tes conneries, je veux que tu te souviennes que nous savons tous les deux que ce que je ressens est vrai".
A la même époque, Paul collabore également avec Michael Jackson et le premier fruit de leur collaboration est le duo The Girl Is Mine, composition sirupeuse de Jackson, qui sort sur son album Thriller qui devient un des plus grands succès de l'histoire du disque. Devenu richissime, Jackson demande conseil à McCartney : comment pourrait-il utiliser cet argent ? Paul lui conseille alors d'investir dans l'édition musicale, ce à quoi Jackson répond "Bien, je vais acheter tes chansons alors !" Paul prend ceci pour une plaisanterie, mais en effet, à cette époque, les droits d'édition des chansons des Beatles sont en vente, la compagnie les possédant, ATV, ayant besoin d'argent. McCartney est approché par les représentants d'ATV qui demandent 20 millions de dollars. Paul demande alors à Yoko Ono si elle est prête à acheter avec lui le catalogue, pour 10 millions de dollars chacun. Mais Yoko pense pouvoir les obtenir pour un prix moins élevé et diffère sa décision. Pendant ce laps de temps, c'est finalement Michael Jackson qui rachète le catalogue pour la somme record de 47,5 millions de dollars. Jackson touche donc désormais de l'argent à chaque fois qu'une composition de Lennon/McCartney, interprétée ou non par les Beatles, est diffusée dans le monde sous quelque forme que ce soit.
Les relations entre Jackson et McCartney se tendront évidemment après cet épisode. Mais pour l'heure, les deux compères composent et enregistrent deux nouveaux titres, The Man et surtout Say Say Say, qui dans son style disco-funk est une réussite. Ces titres se retrouvent sur le nouvel album de Paul, Pipes Of Peace, sortant en octobre 1983 et principalement composé de titres enregistrés lors des sessions de Tug Of War. Mais dans son ensemble, l'album est loin d'avoir la qualité de son prédécesseur, et il ne rencontre pas un aussi grand succès, à l'inverse des deux (bons) singles qui en sont extraits, Pipes Of Peace et Say Say Say.

Macca au cinéma

Depuis l'été 1982, Paul met au point un projet de scénario de film, qui raconterait la disparition des bandes masters de son dernier album puis ses recherches désespérées pour les retrouver. D'abord prévu pour la télévision, le scénario est finalement "étiré" afin d'être adapté au format cinéma d'une heure et demie. Paul a tout écrit seul, sans aide professionnelle, et le résultat est plutôt léger et comporte quelques longueurs. Avec le recul, Paul avouera d'ailleurs qu'il aurait du demander l'aide de pros et ne pas tout assumer lui-même. Tourné début 1984, le film, intitulé Give My Regards To Broad Street, est un échec commercial. Il permet au moins d'y retrouver, en compagnie de Paul, Ringo Starr, sans doute le meilleur acteur des quatre Beatles, et sa femme Barbara Bach. Le film comprend évidemment de nombreux numéros musicaux, la grande majorité étant des réenregistrements honnêtes, bien que peu novateurs, de compositions déjà connues de McCartney, période Beatles ou solo. Restent quelques nouvelles chansons dont la plus marquante est No More Lonely Nights, présente en deux versions radicalement différentes, ballade et disco.
La bande originale de Give My Regards To Broad Street est produite par George Martin et comprend la participation, outre celle de Ringo, de "pointures" telles que John Paul Jones, David Gilmour, Chris Spedding, Eric Stewart et Dave Edmunds. A l'inverse du film, l'album et le single No More Lonely Nights sont des succès en Grande-Bretagne.
Durant cette année 1984 décidément très "cinématographique", Paul produit également un dessin animé, Rupert And The Frog Song, basé sur le personnage très populaire en Grande-Bretagne de l'ours Rupert. Le dessin animé comprend une nouvelle chanson de Paul, We All Stand Together, une comptine entêtante et accompagnée par un orchestre, et qui devient un tube supplémentaire. La même année, Paul permet également aux Everly Brothers, idoles de jeunesse et stars des années 50-60, de retrouver les sommets des charts avec sa superbe composition On The Wings Of A Nightingale. Il se fait également arrêter et condamner (avec Linda) pour possession de marijuana, même si l'affaire n'a pas les conséquences graves son arrestation au Japon quatre ans plus tôt.
Fin 1984, Paul participe indirectement à l'enregistrement du single Do They Know It's Christmas ? du Band Aid, réunion de nombreuses stars britanniques, à l'initiative de Bob Geldof et en faveur des Ethiopiens souffrant de la famine : il enregistre un message de soutien qui figure sur la face B du single. McCartney est par contre bien présent le 13 juillet 1985 lorsque se tient le Live Aid, gigantesque événement consistant en deux concerts, l'un à Wembley en Grande-Bretagne, l'autre à Philadelphie aux Etats-Unis. Paul doit passer après Queen pour interpréter Let It Be au piano ; mais son micro n'est pas branché et il chante dans le vide : les 75000 spectateurs reprennent alors la chanson, pendant que les stars se pressent autour de Paul pour l'accompagner et que le micro est finalement rebranché... Un seul nouveau titre de McCartney paraît en cette année : le single Spies Like Us, bande originale du film du même nom (Drôles d'espions en français).

Rester dans la course

Paul McCartney s'attaque ensuite à l'enregistrement d'un nouvel album, marqué par la collaboration avec Eric Stewart de 10CC, qui a déjà participé aux trois albums précédents de Paul. Mais ici, Stewart est carrément co-compositeur de plusieurs morceaux. Voulant sans doute toucher le public le plus jeune, McCartney utilise les services de Hugh Padgham, ex-producteur de Police, pour co-produire l'album et pour obtenir un son moderne. Le résultat est ce son froid aux caisses claires agressives, typique des années 80, et qui a bien mal vieilli aujourd'hui ; d'autre part, Press To Play, qui sort en septembre 1986, n'obtient pas le succès des albums précédents de Paul (même si beaucoup d'artistes seraient heureux d'une 8ème place dans les charts en Grande-Bretagne et une 30ème place aux Etats-Unis...) On peut malgré tout sauver deux des titres de l'album sortis en single : Stranglehold et Press, au son très synthétique mais accrocheur, qui bénéficie d'une vidéo originale, filmée en quelques heures et en toute improvisation dans le métro londonien, avec Paul au milieu des passagers. Peu de temps auparavant, Paul a participé au concert de charité pour l'organisation du Prince Charles, The Prince's Trust. Il y interprète trois titres, accompagné par le gratin du show-business anglo-saxon, dont un Long Tall Sally dans une forme vocale éblouissante. Enfin, le 17 décembre 1986, les McCartney se font une frayeur lorsque leur voiture prend feu accidentellement alors qu'ils se dirigeaient vers Newcastle pour y enregistrer une émission de télé.
Après le naufrage d'un ferry à Zeebruge en mars 1987, Paul participe à l'enregistrement d'une version de Let It Be, en compagnie de Boy George, Kate Bush et bien d'autres. Si la vente du disque permet de dégager des fonds pour les victimes, cette version en elle-même, produite par le trio Stock/Aitken/Waterman, également producteurs de Kylie Minogue, n'est pas vraiment une réussite. En juin 1987, EMI, la maison de disques des Beatles, organise une fête commémorant les 20 ans de l'album Sgt. Pepper, coïncidant avec la réédition en CD des albums des Beatles. Paul est le seul ex-Beatle participant à la fête. En juillet, il passe deux jours à enregistrer, quasiment dans les conditions du direct, de nombreux standards du rock'n'roll. Ces enregistrements sortent sous la forme d'un album qui ne sort qu'en URSS en octobre 1988, d'où le titre ironique de Choba B CCCP (traduction russe de Back In The USSR, célèbre titre des Beatles). Mais cet album, qui attise la convoitise des fans et des collectionneurs, est très rapidement copié massivement et illégalement ; afin de mettre fin à ces pratiques, EMI le sortira donc finalement dans le reste du monde en 1991.
En novembre 1987, la sortie du single Once Upon A Long Ago, qui figure sur la compilation All The Best sortant au même moment, est surtout notable pour sa face B, Back On My Feet, puisqu'il s'agit de la première collaboration de Paul McCartney avec Declan MacManus, plus connu sous le nom d'Elvis Costello. Alors âgé d'une trentaine d'années, Costello a grandi avec les Beatles en fond sonore avant de s'affirmer comme un des artistes majeurs du début des années 80 avec son groupe The Attractions. Faisant souvent preuve d'ironie et d'acidité dans les textes de ses chansons, Elvis Costello attire d'inévitables comparaisons avec John Lennon. On peut trouver cela excessif, mais force est de constater que la plupart des compositions cosignées par Paul et Elvis sont de qualité, et qu'elles apportent à McCartney le "mordant" qui lui manque parfois lorsqu'il se laisse aller à la facilité. En retour, Paul co-écrit également avec Costello des chansons pour les albums de ce dernier.
Le 20 janvier 1988, les Beatles sont introduits au Rock'n'Roll Hall Of Fame, une institution voulant distinguer ainsi les meilleurs artistes rock. Si Yoko, Julian et Sean (les deux fils de Lennon), George et Ringo sont présents, Paul ne s'y rend pas, car il considère comme hypocrite d'aller là-bas en souriant alors qu'il est toujours en conflit juridique avec ses anciens associés. Le 26 janvier, il participe à une émission de radio pour BBC World Service, diffusée dans le monde entier, et plus particulièrement en URSS, d'où les auditeurs posent leurs questions en direct à Paul, peu de temps après la sortie de Choba B CCCP.

Seconde jeunesse

Puis McCartney attaque l'enregistrement d'un nouvel album, Flowers In The Dirt, avec Elvis Costello qui a co-écrit quatre titres, dont My Brave Face, qui devient le tube qui accompagne le lancement de l'album. Il chante également en duo avec Paul sur le sardonique You Want Her Too, conflit verbal entre deux hommes épris de la même femme, sorte de version acide de The Girl Is Mine. Paul produit ou co-produit la totalité des titres et s'est assuré l'aide de producteurs efficaces tels que Mitchell Froom ou le duo Trevor Horn/Steve Lipson, connu pour son travail avec Frankie Goes To Hollywood. L'album comporte également son lot de ballades réussies telles que Put It There ou le subtil Distractions. Les musiciens qui accompagnent Paul sont principalement Hamish Stuart au chant et à la guitare, Robbie McIntosh (ex-Pretenders) à la guitare, et le jeune Chris Whitten, déjà présent sur Choba B CCCP, à la batterie. Ce sont les futurs membres du groupe de scène de Paul (auquel il faut rajouter Linda et Paul "Wix" Wickens, tous deux aux claviers). McCartney, à 47 ans, envisage en effet de partir pour une nouvelle tournée mondiale, pour la première fois depuis 13 ans.
Flowers In The Dirt sort en juin 1989 : c'est dans l'ensemble un succès critique et commercial. Paul a réussi à trouver le juste milieu entre sa volonté d'avoir un son actuel et la préservation de son style traditionnel. L'album est également la première affirmation majeure de l'engagement de Paul McCartney en faveur de la cause écologiste, puisqu'un des titres, How Many People, est dédié à Chico Mendes, militant écologiste assassiné pour avoir voulu sauver la forêt amazonienne. D'autre part, l'album dans son ensemble est dédié à toute personne "travaillant pour sauver la planète Terre". Il profite également souvent des conférences de presse pour vanter les bienfaits du régime végétarien, que Linda et lui suivent depuis les années 70. Linda écrit d'ailleurs en 1989 un livre de recettes végétariennes qui rencontre un grand succès. Paul lance également parfois quelques piques à Margaret Thatcher pour sa politique "sociale" mettant au chômage tant de travailleurs anglais. Il associe enfin le mouvement écologiste "Friends Of The Earth" ("Les Amis de la Terre") à sa tournée mondiale, qui commence le 26 septembre 1989 à Oslo en Norvège. Pour la première fois, Paul puise abondamment dans le répertoire des Beatles avec des titres tels que Can't Buy Me Love, The Fool On The Hill, Eleanor Rigby, Sgt. Pepper ou le medley final de l'album Abbey Road : Golden Slumbers/Carry That Weight/The End. Mais l'autre moitié du répertoire de cette tournée est faite des titres les plus forts de Flowers In The Dirt, ainsi que des plus célèbres titres solo de Paul. "On écrit dans l'isolement, on enregistre dans l'isolement, on sort un disque dans l'isolement, on le voit grimper et baisser dans les hit-parades dans l'isolement, on l'écoute à la radio dans l'isolement. Un concert, c'est l'autre manière de faire les choses, l'autre manière d'être récompensé."
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# Posté le lundi 18 juin 2007 15:03

5 eme et derniere partie

5 eme et derniere partie
Dernere partie de la biographie de Paul Mc Cartney et suite.....

Le triomphe

Paul commence les années 90 au plus haut : sa tournée mondiale rencontre un succès dépassant toutes les espérances dans tous les pays visités. 102 concerts pour 2,9 millions de spectateurs, et un nouveau record : le 21 avril 1990, au stade Maracana de Rio de Janeiro, le deuxième concert de Paul réunit 184000 spectateurs. En mars, Paul a enfin pu jouer au Japon sans encombres : "C'était dur de revisiter Tokyo après mon arrestation pour possession de drogues. C'était un peu un exorcisme. Nous savions que nous devions aller jouer là". Le concert à Liverpool, le 28 juin, est l'occasion d'un hommage à John : Paul interprète un medley des trois chansons qui symbolisent le mieux John pour lui : Strawberry Fields Forever, Help et Give Peace A Chance. Le 30 juin, il participe au festival de Knebworth en compagnie d'Elton John, Dire Straits, Eric Clapton, Pink Floyd et bien d'autres. La tournée s'achève finalement le 29 juillet 1990 à Chicago aux Etats-Unis. En novembre, un double CD témoignage de cette longue tournée sort : c'est Tripping The Live Fantastic, qui reprend l'intégralité des morceaux joués.
Le 25 janvier 1991, Paul donne un concert acoustique aux Limehouse Studios de Wembley, dans le cadre de l'émission Unplugged de la chaîne de télé MTV. Blair Cunningham, ex-Pretenders comme Robbie McIntosh, a remplacé Chris Whitten qui a rejoint Dire Straits. Le répertoire de ce concert est original : si quelques tubes des Beatles sont présents, McCartney a fait la part belle à des titres plus obscurs (période Beatles ou solo). On voit ainsi Paul interpréter sa toute première composition, I Lost My Little Girl, écrite à 14 ans. Le concert, chaleureux et sympathique, est une réussite, et McCartney décide de sortir Unplugged en album pour contrer d'éventuels disques pirates.

Escapade classique et retour aux sources

Pour commémorer le 150ème anniversaire du Royal Liverpool Philarmonic Orchestra, on demanda conseil au chef d'orchestre Carl Davis, qui, par des amis communs, contacta Paul pour lui demander s'il était intéressé par la composition d'un morceau classique. Bien que ne sachant pas lire la musique, toujours curieux d'explorer de nouveaux territoires, McCartney accepta. C'est ainsi que commença en 1988 un travail en commun qui allait durer 3 ans : Paul McCartney et Carl Davis composèrent ensemble le Liverpool Oratorio, basé en partie sur la jeunesse de Paul. Davis était chargé de mettre sur le papier les idées de McCartney, qui déclara que l'Oratorio était à "70% mon ½uvre, à 30 % celle de Carl". La première de l'oratorio a lieu dans la cathédrale anglicane de Liverpool le 28 juin 1991 : parmi les solistes, on note la présence de Kiri Te Kanawa, une des plus célèbres chanteuses d'opéra du monde entier. La première est un grand succès. "Pour les fans, explique Paul, l'oratorio a du être un grand écart. Ils auraient pu dire, eh, il a laissé tomber le rock'n'roll, qu'il aille se faire foutre ! Mais beaucoup de gens qui me suivent depuis des années ont écrit pour me dire qu'ils l'avaient apprécié, donc finalement ce fut un pas de côté plutôt réussi." Venant de la pop music, Paul se doutait que "les critiques devaient tailler leurs crayons". Mais dans l'ensemble, les avis furent plutôt positifs.
Paul s'investit beaucoup en faveur de sa ville natale à cette époque : depuis 1989, il conduit un projet visant à transformer sa vieille école menacée de démolition, le Liverpool Institute, en une structure qui formerait à tous les métiers artistiques au sens le plus large, du design à la production en passant par la vidéo. C'est ainsi qu'avec Mark Featherstone-Witty, pour sa part inspiré par le film Fame d'Alan Parker, McCartney lance une campagne de récolte de fonds pour ouvrir le Liverpool Institute for Performing Arts (LIPA). Il donne lui-même 1 million de livres et de nombreuses célébrités, ainsi que la reine d'Angleterre, soutiennent également son projet. Paul tournera même une publicité pour présenter tous les métiers qui seront enseignés au LIPA.

"The New World Tour"


Après quelques concerts impromptus en Europe durant l'été 1991, dans des salles minuscules et devant des publics ravis, Paul débute en 1992 l'enregistrement d'un nouvel album, Off The Ground, en compagnie de Linda et de ses musiciens de scène. Les nouvelles compositions sont interprétées par le groupe de manière aussi spontanée que possible et en quasi-direct. Le résultat est un album optimiste au son chaleureux, avec des titres comme le tube Hope Of Deliverance, et des compositions plus engagées qu'à l'habitude, comme la chanson anti-expérimentation animale Looking For Changes ou bien Big Boys Bickering ("Les querelles des grands garçons") où Paul s'en prend à l'irresponsabilité de certains hommes politiques, refusant de prendre des décisions cruciales pour l'environnement et l'avenir de la planète. "Vous vous souvenez de Bush au Sommet de la Terre ? Je ne signerai pas, il disait. Pour ne pas mettre en danger l'emploi. Mais à quoi servent des emplois si on n'a plus de planète ?" Big Boys Bickering sera interdite d'antenne sur MTV, à cause de l'emploi dans la chanson, inhabituel chez Paul, du mot "fuck". La chanson ne figurera pas sur l'album mais en face B du single Hope Of Deliverance.
Le 18 juin 1992, Paul fête ses 50 ans. "J'ai passé deux jours à ouvrir des cartes et des cadeaux, et j'ai adoré ça. Ca paraît incroyable, mais il y a quelques années, je préparais avec mon manager un plan pour prendre ma retraite à 50 ans...Mais regardez, si c'est la retraite, elle est assez trépidante. Je parle du prochain album, de la prochaine tournée..."
En effet, après la sortie d'Off The Ground en février 1993, Paul entame en mars une nouvelle tournée mondiale ("The New World Tour"), toujours avec le même groupe. La recette est la même que pour la tournée précédente : une bonne poignée de reprises des Beatles, quelques classiques de Paul, et pas mal de titres du dernier album, le tout agrémenté d'un passage "unplugged" du meilleur effet. Cette nouvelle série de concerts à travers le monde est une fois de plus un énorme succès, même si l'on peut reprocher à Paul de ne pas prendre beaucoup de risques, avec un répertoire de tubes certifiés qui est sûr de conquérir le public. Avant les concerts, les haut-parleurs diffusent une musique électronique qu'on ne peut pas vraiment associer à McCartney. Pourtant, il s'agit bien de son ½uvre, avec le producteur Youth. Ce disque très répétitif, Strawberries Oceans Ships Forest, sort discrètement sous le pseudonyme de The Fireman ("Le pompier"). En novembre, alors que la tournée s'achève, sort l'album Paul Is Live, qui reprend une partie seulement du répertoire interprété.

Anthology et la réunion médiatique

En janvier 1994, lors de l'introduction à titre posthume de John Lennon au Rock'n'Roll Hall Of Fame, Paul rejoint Yoko Ono lors de la cérémonie : c'est le signe que les années de querelles et que les procès interminables entre les ex-Beatles (et Yoko) sont terminées. Paul annonce qu'un documentaire télé sur les Beatles, intitulé Anthology, est en cours de création, et qu'à l'occasion, George, Ringo et lui-même vont retravailler ensemble. Les rumeurs les plus folles de réunion, de tournées vont alors bon train, mais le projet des trois ex-Beatles est plus limité : il s'agit de rajouter leurs instruments et leurs voix sur trois demos (enregistrements de travail) de John Lennon, enregistrées quelques temps avant sa mort. C'est ainsi qu'en février et mars 1994, les "Threetles" se retrouvent dans le Sussex, au studio de Paul, accompagnés du producteur Jeff Lynne, ayant déjà travaillé avec George et Ringo. Ils enregistrent Free As A Bird, chanson a moitié terminée de John pour laquelle Paul et George doivent écrire des paroles complémentaires qu'ils chantent eux-mêmes. De la demo de John, il ne reste plus que sa voix, que les traitements successifs par ordinateur rendent étrangement lointaine. Le résultat final est honorable, mais on peut s'interroger sur son utilité, hormis celle d'un coup marketing permettant d'annoncer une "nouvelle chanson des Beatles". Les trois ex-Beatles se retrouveront également un an plus tard pour ré-enregistrer de la même manière Real Love, tandis que le troisième morceau prévu, Now And Then, sera finalement abandonné.
Le reste de l'année 1994 est plutôt calme pour Paul, même si celui-ci continue à se consacrer au projet du LIPA. Il écrit tout de même un nouveau morceau pour piano d'inspiration classique d'une dizaine de minutes, intitulé A Leaf, et qui, trop complexe pour que Paul puisse le jouer sans erreur, sera finalement interprété par une jeune pianiste russe, Anya Alexeyev. Le morceau, plus accessible que l'oratorio, est très mélodieux et son enregistrement a lieu en direct lors d'un concert de charité pour le Royal College Of Music se tenant à Londres le 23 mars 1995. Lors de ce concert, des extraits de l'oratorio sont également joués et Paul se produit en smoking en duo avec Elvis Costello, avant d'être décoré par surprise par le prince Charles, qui lui donne le titre de membre honoraire du Royal College Of Music. En septembre, il participe ensuite à l'enregistrement d'une version de Come Together des Beatles, entouré de Paul Weller et de Noel Gallagher, pour un disque intitulé Help au profit d'une association venant en aide aux enfants victimes de la guerre en Yougoslavie.
Puis, le 21 novembre 1995, appuyé par une tempête médiatique impressionnante (presse, télé, radio), sort le premier volume d'Anthology : ce double CD comprend principalement des inédits des Beatles ainsi que la "nouvelle" chanson Free As A Bird. Un clip truffé de références aux chansons des Beatles est réalisé par Joe Pytka, et les plus grandes chaînes de télé se battent à coup de millions de dollars pour obtenir l'exclusivité de sa première diffusion, ainsi que celle de l'Anthology vidéo, à savoir un long documentaire, diffusé dans 94 pays, commenté par les Beatles eux-mêmes et retraçant toute leur carrière. Le double CD grimpe en tête des charts dans le monde entier, mais les Beatles gagnent en fait plus grâce aux droits de diffusion d'Anthology à la télévision. De quoi enrichir encore un peu plus les trois ex-Beatles. Pour sa part, Paul McCartney est alors à la tête d'une fortune de 420 millions de livres (environ 4 milliards de francs), la 30ème fortune de Grande-Bretagne. Les deux volumes suivants des CDs Anthology sortiront en 1996, le "calme" revenu, et obtiendront également de bonnes ventes, bien que moins impressionnantes que le premier volume.

Sir Paul

Le 30 janvier 1996, Paul inaugure le LIPA qui vient d'ouvrir ses portes. Linda n'est pas à ses côtés : elle vient de subir une intervention chirurgicale pour retirer une tumeur cancéreuse au sein. Elle suit ensuite une chimiothérapie en Californie, où Paul l'accompagne, et paraît alors en bonne voie de guérison. McCartney s'est alors lancé (depuis mi-1995, de manière sporadique) dans l'enregistrement d'un nouvel album, avec la participation de Steve Miller, Jeff Lynne (co-producteur de plusieurs titres) et Ringo Starr, qui vient jouer et même chanter sur une composition de Paul, Beautiful Night. Paul lui rend la politesse peu après en jouant de la basse et en chantant sur deux titres du prochain album de Ringo, Vertical Man, échec commercial mais succès critique, qui sort en 1998. Le 7 juin, le LIPA est ouvert officiellement par la reine d'Angleterre. En septembre, Paul enregistre Heaven On A Sunday avec son fils James, devenu un guitariste assez bon pour figurer sur les disques de son père... Le 31 décembre, Buckingham Palace annonce que Paul va être anobli et devenir Sir Paul McCartney. George Martin est déjà un "Sir", mais les arrestations de McCartney pour usage de drogue l'ont écarté pour un moment des listes royales. Mais de l'eau a passé sous les ponts, la cérémonie d'anoblissement a lieu le 11 mars 1997 et Paul déclare : "C'est comme un prix à l'école. C'est juste quelque chose de gentil qu'on vous offre et ça serait impoli de le refuser, non ?... Finalement, j'ai été beaucoup plus impressionné que je pensais l'être. C'est un des plus beaux jours de ma vie... Je n'oublie pas les fans qui m'ont amené ici... Ca me rappelle 1965, ça fait drôle d'être là sans les trois autres. George et Ringo n'arrêtent pas de me téléphoner et de m'appeler Votre Sainteté". Une autre preuve de l'établissement de McCartney comme "institution britannique" est l'annonce du rachat de sa maison d'enfance de Forthlin Road à Liverpool par la National Trust Gallery, qui prévoit de la restaurer et d'en faire un musée...
Le résultat des sessions d'enregistrements de 1995-96 (plus deux titres acoustiques enregistrés en 1992) sort finalement en mai 1997 : c'est l'album Flaming Pie, ainsi nommé à cause d'une plaisanterie de John Lennon, qui avait expliqué qu'il avait vu un jour un homme sur une tarte flambée ("flaming pie") qui lui avait dit : "A partir de maintenant, vous êtes les Beatles avec un 'a'". S'il manque de cohérence du fait de ses conditions d'enregistrement, il contient de nombreuses réussites individuelles, en particulier la ballade Somedays arrangée par George Martin, les deux morceaux acoustiques Calico Skies et Great Day, ainsi que les singles Young Boy, Beautiful Night et The World Tonight. Les critiques sont dans l'ensemble positives, Flaming Pie démarre en 2ème position des charts américains et britanniques, et devient le 81ème disque d'or de Paul, détenteur incontesté du record ! Le 17 mai, un nouveau record est battu, lorsque Paul participe à une émission de questions-réponses sur la chaîne américaine VH1 et que près de 3 millions de personnes lui adressent leurs questions par Internet. Même Bill Clinton y va de son petit mot sur Eleanor Rigby dans un message enregistré. Le 15 septembre, Paul McCartney participe à un concert de charité organisé par George Martin, en faveur des habitants de l'île de Montserrat aux Caraïbes, ravagée par des éruptions volcaniques, et où Martin possède un studio réputé que Paul a déjà utilisé. Le 14 octobre, au Royal Albert Hall de Londres, a lieu la première de Standing Stone, la nouvelle ½uvre classique de Paul, pour orchestre et ch½ur, dont l'enregistrement en studio est sorti deux semaines plus tôt. On demande à Paul comment il a pu écrire une symphonie sans connaître le solfège : "Très simplement. J'ai découvert un logiciel qui a pu synthétiser mes esquisses au piano pour chaque instrument de l'orchestre. Puis j'ai fait appel à plusieurs collaborateurs pour l'infrastructure et la charpente symphonique proprement dite". Le lendemain, Paul s'envole pour Paris ou a lieu le défilé de mode de la maison Chloé, dont la styliste en chef n'est autre que sa fille Stella. Après avoir débuté par un stage chez Christian Lacroix, Stella McCartney a franchi un à un les échelons de son métier avant d'obtenir ce poste convoité. Linda et Ringo assistent également au défilé, qui utilise parfois des musiques des Beatles ou de McCartney, de préférence peu connues et choisies par Stella.

"The Lovely Linda"

En mars 1998, de nouveaux examens médicaux montrent que Linda souffre maintenant d'une nouvelle tumeur cancéreuse au foie. Paul et Linda repartent en Californie pour un traitement intensif, qui se révèle inefficace ; le cancer s'est généralisé. Linda ne reçoit alors plus aucun soin et passe ses derniers jours dans un ranch de Santa Barbara en compagnie de Paul et de sa famille. Elle meurt le 17 avril 1998 ; deux jours avant sa mort, elle se promenait encore à cheval avec Paul.
La nouvelle de la mort de Linda, avec qui Paul a passé trente ans, attriste le monde entier. McCartney demande aux fans d'envoyer des dons aux associations de lutte contre le cancer ou contre la cruauté envers les animaux, ou d'honorer la mémoire de Linda en devenant végétarien. Le 8 juin, un service funéraire a lieu à Londres ; le public ne peut y assister mais se regroupe en masse autour de l'église à Trafalgar Square. Parmi les amis de Paul venus rendre hommage à Linda, se trouvent George Harrison et Ringo Starr. Un second service funéraire a lieu à New York le 17 juin.
"Ca a été un tel traumatisme de perdre Linda que je me suis dit 'je ne sais pas comment je vais me sortir de ça', déclarera Paul en 2000. C'est comme un cycle, les saisons qui s'écoulent, un nouveau réveil. Je parle toujours à Linda pour lui demander conseil. Ca peut paraître bizarre, comme elle n'est pas là, mais les gens qui ont perdu quelqu'un savent de quoi je parle. Je me suis dit, combien de temps voudrait-elle que je sois en deuil ? Un, deux, trois mois, quelle durée convient ? Après un temps j'avais l'impression qu'elle me disait 'tu en as fait assez, ça suffit'".
Et Paul, éternel drogué de travail, reprend peu à peu ses activités. En septembre 1998 sort un nouvel album de musique électronique (qualifiée d'"ambient music") du "pompier", The Fireman. Autant le premier était répétitif et lassant, autant celui-ci, intitulé Rushes, est une grande réussite, aux arrangements inventifs, variés et intrigants. Cette fois, Paul y est également présent vocalement (de manière assez courte toutefois). Un mois plus tard sort Wide Prairie, compilation de tous les titres enregistrés par Linda depuis les années 1970. Ce projet était déjà en cours avant son décès, et Paul est évidemment omniprésent sur cet album inégal, où d'agréables compositions comme Seaside Woman ou New Orleans côtoient des titres anti-vivisection ou pro-végétariens pleins de bonnes intentions mais très "premier degré". Un titre comme The Light Comes From Within, enregistré un mois avant la mort de Linda, a au moins le mérite d'illustrer son caractère décidé, rebelle et féministe. Paul fait beaucoup d'efforts pour la promotion de cet album, dont un chat sur Internet et la supervision de la réalisation de deux clips (pour The Light Comes From Within et Wide Prairie).
Le 9 mars 1999, l'album Band On The Run est réédité avec un CD bonus comprenant de multiples interviews de tous les participants à sa création, ainsi que quelques versions inédites des plus célèbres titres de l'album, qui réussit l'exploit de se classer de nouveau n°1 aux Etats-Unis. Une semaine plus tard, 5 ans après John Lennon, Paul McCartney est "introduit" au Rock'n'roll Hall Of Fame. Stella, qui l'accompagne, porte un T-shirt où il est inscrit "About fucking time!" ("Putain, il était temps !") Le 10 avril, Paul, qui vient d'être grand-père, participe à un concert, Here There And Everywhere, a concert for Linda, organisé en hommage à Linda McCartney par Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders et amie des McCartney. Les recettes vont à des organisations de protection des animaux. Visiblement ému, et ayant hésité jusqu'au dernier moment à participer, Paul y interprète Lonesome Town, All My Loving et Let It Be.
Le 30 avril, les journalistes se pressent dans la petite ville de Siegen, en Allemagne : Paul McCartney ne vient pas y faire un concert mais présenter ses peintures. En effet, Paul, grand amateur d'art (il possède entre autres plusieurs tableaux de Magritte) et ami du peintre William De Kooning, s'adonne lui-même à la peinture depuis le début des années 80. Ses peintures s'approchent souvent de l'expressionnisme abstrait de son ami De Kooning. McCartney a passé quinze ans à peindre et à progresser avant de songer à monter une exposition, voulant avant tout éviter le syndrome de la "célébrité qui se met à peindre" et sachant déjà que les critiques ne manqueraient pas de le descendre ; il a donc préféré une "petite galerie tranquille en Allemagne" pour présenter son travail.
Puis Paul participe à un nouveau projet classique, A Garland For Linda ("Une guirlande pour Linda"), dans lequel neuf autres compositeurs classiques contemporains présentent chacun une oeuvre, qui sera jouée lors d'un concert et figurera sur un CD du même nom, sortant en janvier 2000 : les bénéfices vont à la lutte contre le concert, et la contribution de Paul s'appelle Nova. De manière générale, Paul s'implique encore plus dans tous les combats chers à Linda : végétarisme et lutte contre la cruauté envers les animaux.

L'"après-Linda"

En octobre 1999 sort Working Classical : quatorze compositions de McCartney, dont trois nouvelles créations, interprétées par un quatuor de cordes ou par le London Symphony Orchestra : cet album aux arrangements sobres est certainement le plus accessible des projets classiques de Paul. Au même moment, dans un registre radicalement différent, sort aussi Run Devil Run : une dizaine d'années après Choba B CCCP, il s'agit encore une fois d'un retour aux sources et au rock'n'roll. Mais cette fois, McCartney a choisi dans l'ensemble des titres peu connus mais ayant une signification particulière pour lui, lui rappelant des épisodes de sa jeunesse. La majeure partie de l'album est enregistrée en une petite semaine en mars 1999, en compagnie de David Gilmour (Pink Floyd) à la guitare, Mick Green déjà présent sur Choba B CCCP et Ian Paice de Deep Purple à la batterie. Le résultat est explosif, et beaucoup plus concluant que le premier album rock'n'roll de Paul, qui est ici dans une forme vocale impressionnante, et accompagné d'un groupe solide et puissant : tout le monde semble s'amuser et le plaisir est communicatif, sur des titres tels que All Shook Up, Honey Hush ou Party. Le disque inclut aussi trois nouvelles compositions de Paul, dans l'esprit rock qui convient, dont le morceau très bluesy Try Not To Cry. McCartney choisit une manière originale et frappante de promouvoir l'album, en allant jouer le 14 décembre au "nouveau" Cavern Club de Liverpool, reproduction de celui où les Beatles jouèrent lors de leurs premières années. Le concert devient l'événement retransmis sur Internet le plus regardé dans le monde.
Quelques mois avant ce concert, en mai, lors d'un gala de charité en faveur des victimes des mines anti-personnel, Paul rencontre une jeune femme de 31 ans, Heather Mills. Celle-ci, ancien mannequin et présentatrice de télé, a perdu sa jambe gauche lors d'un accident avec un motard de la police en 1993. Elle s'est depuis investie dans l'aide aux personnes souffrant de handicaps à la suite d'accidents. Rapidement, tous les médias font état d'une liaison entre Paul et Heather, qu'ils finissent par admettre au bout de quelques mois, en mars 2000.
En avril 2000, l'artiste pop Peter Blake, vieil ami de Paul et son collaborateur sur la pochette du Sgt. Pepper des Beatles, organise une exposition à Liverpool. McCartney prépare spécialement pour cette exposition un collage sonore mélangeant musique électronique, samples et extraits de sessions d'enregistrement des Beatles. Ce travail est réalisé en collaboration avec le producteur Youth, déjà complice des albums de The Fireman, ainsi que le groupe Super Furry Animals. Le résultat, très intrigant et expérimental, sort sous le nom Liverpool Sound Collage en septembre 2000.
Début 2001, Paul McCartney et Heather Mills se rendent en Inde, à New Delhi, pour assister au Maha Kumbh Hela, gigantesque rassemblement religieux. Après avoir démenti les rumeurs de son mariage avec Heather, il part pour Los Angeles où il enregistre 18 titres, produits par David Kahne, avec des musiciens de studio qu'il n'a jamais rencontré auparavant. La méthode de travail est la même que celle de Run Devil Run : enregistrement rapide et spontané. En mars sort Blackbird Singing, Poems and lyrics 1965-1999, recueil de textes poétiques ou de paroles de chansons de Paul McCartney. L'ensemble est plutôt favorablement accueilli par les critiques. On note un poème, Jerk Of All Jerks ("Le plus grand des imbéciles"), que Paul avait écrit après la mort de John en pensant à son assassin, et de manière plus générale aux irresponsables qui causent le malheur de la planète. "On nous avait volé ce merveilleux être humain. A la fin de la journée où la mort de John avait été annoncée, la phrase qui me venait à l'esprit à propos de ce type était 'jerk of all jerks', le plus grand des imbéciles. Nous savons tous qui c'est. Nous sommes tous des victimes potentielles de ce genre de personne." McCartney se produit ensuite à Liverpool où il lit ses oeuvres en compagnie d'autres poètes de la ville : plusieurs lectures semblables auront lieu ensuite à travers le monde.
Puis il assure la promotion du film TV Wingspan, documentaire retraçant la carrière des Wings, en insistant sur l'importance de Linda au sein du groupe, et qui s'accompagne d'un double CD du même nom : Wingspan devient ainsi la meilleure compilation de McCartney à ce jour, car au CD des hits incontournables s'ajoute un second CD de titres moins connus mais tout aussi bons, voire parfois meilleurs. En compagnie de Heather, il s'implique alors plus que jamais dans la lutte contre les mines anti-personnel en soutenant le projet "Adopt-A-Minefield" ("Adoptez un champ de mines") en lui apportant de la publicité, en se produisant lors d'un concert de charité en faveur de cette association le 15 juin, en compagnie de Paul Simon, et en payant pour le nettoyage de plusieurs sites minés en Croatie, Bosnie, Afghanistan et autres pays durement touchés. Les Etats-Unis, à ce jour, refusent toujours de signer le traité interdisant la production de ces engins qui continuent à tuer et blesser des années après la fin des hostilités.
Après avoir annoncé très officiellement ses fiançailles avec Heather, Paul met alors la touche finale à son nouvel album, Driving Rain, qui sort en novembre 2001. Enregistré avec un groupe de jeunes musiciens, il marque une volonté appréciable de renouvellement de la part de Paul et comprend quelques grandes réussites comme Lonely Road, From A Lover To A Friend et Magic. Situation inhabituelle, c'est un succès critique mais un (relatif) échec commercial. Le 11 septembre, il est à New York lorsque se produisent les attentats contre les tours du World Trade Center ; il décide alors rapidement de se joindre aux artistes qui participeront au gigantesque concert de charité du 20 octobre, The Concert For New York City, pour les familles des pompiers tués dans les opérations de sauvetage. Il compose spécialement le titre Freedom, rajouté à l'album Driving Rain, et qui sera le premier single de l'album aux Etats-Unis ; les bénéfices de ce single sont d'ailleurs reversés en faveur des familles des victimes.
Le 29 novembre 2001, George Harrison, que McCartney appelle son "petit frère", meurt d'une tumeur du cerveau à l'âge de 58 ans. Paul était allé à Los Angeles rendre visite une dernière fois à George une semaine avant sa mort. Le 24 février 2002, il est l'invité surprise d'un concert en hommage à George, qui se tient à Liverpool. Entre temps, il met au point sa nouvelle tournée mondiale, qui commence en avril 2002 aux Etats-Unis. Paul ne prend pas de grands risques dans le choix des titres de son répertoire : toujours les mêmes indéboulonnables classiques des Beatles ou des Wings, plus quelques titres de Driving Rain. Les seules vraies surprises sont les hommages rendus à John et à George, respectivement avec Here Today de l'album Tug of War et une version de Something à l'ukulélé, un des instruments fétiches de Harrison. Cette tournée rencontre une fois de plus un grand succès et devient la plus lucrative de l'année 2002.
Au retour de sa tournée et après une apparition au concert pour le jubilé d'Elizabeth II, Paul McCartney épouse Heather Mills le 11 juin 2002 en Irlande à Monagham, avant de repartir en tournée aux Etats-Unis, au Mexique et au Japon fin septembre 2002. Le 29 novembre, il participe au splendide Concert For George (Harrison) au Royal Albert Hall de Londres, où, accompagné de tous les amis musiciens de George, il interprète For You Blue, All Things Must Pass, Something et While My Guitar Gently Weeps avec Eric Clapton.
Le 25 mars 2003 débute à Paris une nouvelle tournée européenne, avec les mêmes excellents musiciens et toujours autant de succès. Le 24 mai, Paul est à Moscou, où il est reçu par Vladimir Poutine, avant un concert historique sur la Place Rouge (même si Ringo a joué en Russie avant lui !) qui se termine bien évidemment par une reprise de Back In The USSR... Et le 28 octobre naît le quatrième enfant de Paul McCartney, le premier avec Heather Mills, une petite fille prénommée Beatrice. Après plus de 30 ans à s'être plaint du traitement que Phil Spector avait fait subir au dernier album des Beatles, Let It Be, Paul peut se réjouir de la sortie d'une nouvelle version de l'album en novembre 2003, intitulée Let It Be... Naked, qui supprime la plupart des interventions et rajouts de Spector.
Infatigable, Paul s'embarque en 2004 pour une nouvelle tournée européenne, le '04 Summer Tour, uniquement dans des stades ; d'ailleurs, celui-ci a sans doute vu trop grand car sans qu'on puisse parler d'échec, une bonne partie de stades ne sont pas complètement remplis. La tournée s'achève au festival de Glastonbury en Grande-Bretagne le 26 juin. Preuve de l'esprit « touche à tout » de Paul, un DVD sorti en avril présente tous les dessins animés auxquels il a collaboré, intitulé The Music And Animation Collection. Entre temps, il enregistre ici et là un nouvel album, dont on peut espérer la sortie en 2005...
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# Posté le lundi 18 juin 2007 15:07

Drums

Un solo de batterie magnifique prenez le temps de le regarder et decouter
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# Posté le vendredi 01 juin 2007 15:53

Phillipe Katerine - Louxor j'adore

Un chanteur assez exuberant regardez la video elle vaut le coup on y voit mal mais bon
J'adoooooooooooooooooooooooooooooore...........................................

Philippe Katerine est né le 8 décembre 1968, à Chantonnay, en Vendée. Son éducation très stricte ne l'empêche pas de s'intéresser à la musique, l'un de ses oncles l'ayant initié très tôt à la guitare et aux rythmes brésiliens.
Il étudie les arts plastiques à Rennes puis part s'établir à Nantes. Il y devient projectionniste de cinéma puis professeur de gym, mais le soir venu, joue dans les groupes de la région nantaise.
Les mariages chinois
C'est dans son petit logement des bords de l'Erdre qu'il peaufine, à l'aide d'un magnéto 4 pistes son tout premier album Les mariages chinois en 1991, réédité l'année suivante sous le titre Les mariages chinois et la relecture. Il y est épaulée par sa soeur, surnommée Bruno (!), et sa compagne Anne. Il y mêle toutes ses influences, de la bossa nova aux Beatles. Artiste atypique, il est néanmoins classé en bonne place dans la nouvelle vague de l'easy-listening à la française.
L'éducation anglaise
Le deuxième album de Katerine, L'éducation anglaise, parait en 1994 et suscite la curiosité car le chanteur... n'y chante pas ! Il laisse ce soin à Anne et Bruno et, pour le reste, les mêmes ingrédients sont réunis.
La même année, il se fait remarquer pour une très belle reprise de L'été indien, de Joe Dassin, dans une compilation consacrée à ce dernier (L'équipe à Jojo). Sans être réellement soutenu par les médias nationaux, il se forge toutefois une belle réputation.
Mes mauvaises fréquentations
Pour son troisième album, Mes mauvaises fréquentations (1996), Katerine s'ouvre au monde et s'entoure de musiciens. Toujours avec ce coté mi-figue mi-raisin, ses chansons sont devenues plus homogènes. Ce disque contient son premier grand succès, Mon coeur balance, et met enfin sa voix au premier plan !
Il entreprend une tournée internationale qui passe par le Japon, pays très friand de pop française... Il écrit d'ailleurs pour une jeune chanteuse nipponne, Kahimi-Karie, ainsi que pour deux chanteuses anglaises, les Soeurs Winchester.
Après avoir retrouvé les Little Rabbits, avec qui il avait déjà collaboré en 1991, il participe à la compilation Tricastel, sortie à l'été 1999, avec une quinzaine d'artistes.
Huitième Ciel
En 1999, paraît également le double album Les créatures - L'homme à trois mains, une oeuvre très personnelle, en deux parties bien distinctes. Le single Je vous emmerde donne le ton...
Fin 1999, il compose l'album Une histoire d'amour pour son actrice préférée, Anna Karina. Peu de temps après, il fait de même avec l'album Azul de sa compagne Helena Noguerra.
Huitième ciel arrive dans les bacs en 2002. Katerine y est accompagné par les Recyclers, les fidèles musiciens du dandy vendéen et l'album est agrémenté de quatre clips.
L'année qui suit, Katerine est crédité dans la compilation Avec Léo, dans laquelle il rend hommage à Léo Ferré (L'été 68). Il se mue ensuite en réalisateur avec son premier long métrage, "Peau de cochon".
Retour en studio pour son propre compte en 2004 avec un nouvel album en vue. Le canadien Gonzales et le producteur Renaud Letang sont de la partie. Inspiré par Isaac Asimov, Robots après tout sort fin 2005 et associe avec brio la pop et l'electro

# Posté le vendredi 01 juin 2007 15:28

Modifié le lundi 18 juin 2007 15:22

Don Henley- The Boys Of Summer

The boys of summer - Don Henley & The Eagles
Rien à dire

Groupe de country/folk-rock californien formé en 1971. Les Eagles, formation désormais mythique, se révèlent dès 1973, par l'album Desperado. C'est seulement avec le suivant, On The Border (1974), qu'arrivera le succès commercial, notamment grâce aux titres The Best Of My Love et Already Gone. Les Eagles ont marqué à jamais le rock en réalisant une des plus grosses ventes de son histoire, avec le fameux Hotel California, écoulé à plus de 9 millions d'exemplaires.
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# Posté le mardi 29 mai 2007 15:10

Modifié le lundi 18 juin 2007 15:18

Jean Jacques Goldman - S'IL N'EXISTAIT PAS

Pour tous ceux qui ne connaissent pas regardez ce film qui ressenble quand meme au film Jean Phillippe sur Johnny Hallyday avec des legos
chansons:
Je te donne
Juste aprés
Envole moi
Il suffira d'un signe
Quand la musique est bonne
Je marche seul
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# Posté le mardi 03 avril 2007 16:04

Modifié le jeudi 05 avril 2007 15:11